Naufrage à Kampot

bateau_kampot

by LGV on 12/09/2011

La saison des pluies rafraichit la brise tropicale et étend des quantités immenses d’eau sur les rizières qui n’attendent que ça. Mes bateaux sont amarrés à la berge devant ma maison à et tout les jours je dois pomper les cataractes des dieux en colère. Impossible de lutter contre la nature : hier le grand bateau de Billy a sombré.

bateau couléHier il est tombé autant d’eau en une nuit qu’il en tombe en un an sur les vertes prairies de ma Normandie. En me levant, je jette un regard vers la rivière et là je ne vois plus le bateau de Billy. Toujours endormis je cours vers la berge sous la pluie qui ne cesse d’inonder la moindre parcelle encore sèche.  Du bateau ne dépasse que le toit de paille du flux tumultueux et boueux de la rivière de Kampot.

Après 3 mois d’entretien quotidien, le bateau qui m’avait été confié a sombré. Après la panique (qui m’a complètement réveillé) je réfléchis aux solutions possibles, contact quelques connaissances et calcule le prix du sauvetage. Deux solutions me sont proposées, la première consiste en une douzaine d’hommes qui sortiront le bateau à bout de bras, la seconde (plus réaliste) demande deux bateaux de pêcheurs et leurs équipages.

Toute la matinée, sous des trombes d’eau, les pêcheurs cham s’acharnent à remonter l’arrière du bateau hors de l’eau. Plonger dans l’eau boueuse et tumultueuse pour passer une corde sous le bateau n’est pas chose aisée. Je suis chanceux de travailler avec ces deux khmers, spécialistes des sauvetages en eaux troubles.

pompage de bateauIl aura finalement été nécessaire d’utiliser un troisième bateau et son équipage pour soulever l’avant de mon « épave ». Lorsqu’enfin le bateau est hors de l’eau, il ne reste plus qu’à pomper l’eau et compter les dégâts.

Le lendemain j’ai aidé les employés de mon proprio à enlever le moteur plein de boue et à le porter au garage…

Depuis ce jour, je continue à vider le bateau. Tout les jours plusieurs dizaines de litres de pluies se mélangent avec un peu d’eau boueuse de la rivière. La saison des pluies touche à sa fin et Billy, le propriétaire du bateau devrait bientôt revenir sous nos latitudes.

Bien sûr mon petit bateau est toujours disponible pour des ballades sur la rivière !

source : LGV

Si vous avez aimé cet article, je vous recommande :

  1. Les crocodiles envahissent Kampot
  2. Ma visite du commissariat de Kampot (Cambodge)

{ 9 comments… read them below or add one }

DAN septembre 12, 2011 à 22:52

Eh bien dis donc, ça ne rigole pas là bas quand ça flotte, enfin quand je dis ça flotte, il faudrait plutôt dire quand ça coule (excuse je n’ai pu m’en empêcher)
N’empêche les autochtones sont bien sympathiques de venir aider les gens en difficulté, j’espère que tout ceci s’est bien terminé autour du verre de l’amitié !
Bon courage havrais lointain !

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LGV septembre 13, 2011 à 08:38

J’ai tout de même du payer, mais je suis très reconnaissant pour leur aide car ce n’a pas été une journée facile pour eux. Parfois je regrette le crachin normand…

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DAN septembre 13, 2011 à 13:12

Tu vas finir par revenir parmi nous j’en suis sûr, surtout si tu chantes « j’irai revoir ma Normandie » ! Aller, trêve de plaisanterie et bon courage la bas Cédric !

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LGV septembre 13, 2011 à 17:05

Je reviens pour des « vacances » fin mai. J’espère qu’il y aura une réunion de blogueurs prévue l’été prochain…

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DAN septembre 14, 2011 à 04:35

Je ne sais pas mais les plus fidèles seront là !

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michel septembre 14, 2011 à 21:38

putain de barrage. dans le temps la rivière n’était pas boueuse.

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LGV septembre 15, 2011 à 09:40

Je ne sais pas si la rivière était claire toute l’année avant le barrage, mais ce qui est sûr, c’est que ce p… de barrage est une épée de Damocles au dessus de la tête de tout les riverains !!!

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kaunkla octobre 5, 2011 à 23:23

Bonjour LGV !
en regardant votre vidéo , je me dis , mais votre bateau était coulé sous le poids de la pluie , qui tombait énormément pendant cette saison au Cambodge , surtout en ce moment , qu’on y compte déjà 167 morts ?
Bravo pour le sauvetage , et la façon et les moyens de bord , comment les gens , ils travaillent !
Si , c’est au Havre , en Normandie , avec une grue , l’affaire est soldé au bout de 10 mn !
Je vous souhaite bon courage et une bonne continuation dans ce superbe pays !

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LGV octobre 7, 2011 à 08:27

Merci,
Effectivement la pluie y est pour beaucoup. Pendant les fortes averses, je pompe l’eau tout les jours avec une petite pompe électrique. Mais ici, une avarie dans la coque a « aidé » le bateau à sombrer. Effectivement, au Havre avec une grue, l’affaire aurait été réglée en 10mn. Mais peut-être pas pour le même prix !

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