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Journal d'un expatrié au Cambodge, vues sur le village monde…

Roxana Saberi libérée, Qu'est ce qui a changé ?

« ce n’est pas en disant halwa, halwa, que la bouche devient sucrée ! »

La suite mais peut-être pas la fin du feuilleton Roxana Saberi. Petit rappel des objectifs géopolitiques puisqu’un rappel des faits est devenu inutile : Téhéran avait arrêté et détenu cette journaliste américaine pour déclencher une campagne médiatique qui obligerait l’administration à accepter un arrangement. Mais il a échoué. A présent il est en train de rater l’exploitation politique de la libération de l’otage : il voulait mettre en avant sa bonne foi pour exiger un geste d’, mais en raison de l’unanimité de l’approche complaisante, il se retrouve unanimement accrédité d’une volonté de dialogue incompatible avec ses plans.

Effectivement, la peine de prison finalement changée en sursis peut paraître un bon geste envers le dialogue. Téhéran voulait au moins égalisé le score de la partie de ping-pong engagé entre l’ et les États-Unis. Rappelons que la petite balle reste une Roxana Saberi dépassée par les évènements et les enjeux.

Protégée (par qui et contre qui ?) Roxana Saberi a pu quitter l’Iran pour « rentrer chez elle », sachant qu’elle vit en Iran depuis 6 ans, je ne sais pas quel pays les journalistes ont choisis de lui octroyer ! Les États-Unis bien sûr. En attendant, l’ex prisonnière n’est pas pressée de rentrer : après une escale de trois jours de visites à Vienne, elle est arrivée à Canne pour défendre le film qu’elle a co-écrit avec son ami (certains diront fiancé) Bahman Ghobadi. Joli coup de pub pour un film qui défend l’identité culturelle de l’Iran, « No One Knows About Persian Cats ». Décidément, beaucoup trouvent un avantage à la sur médiatisation de l’affaire (oui, je sais je le fais aussi).

L’Iran espérait être l’un d’eux (les bénéficiaires) mais s’était sans compter sur le lobby mondial des médias qui ont préférés les affaiblir au profit des USA, en ne montrant pas le pragmatisme de Téhéran mais en insistant sur les faiblesses et distorsions interne au régime. Qui a dit que la presse était objective ? Lorsque l’on tape sur un « méchant », ce n’est pas grave ! Les bénéficiaires de la quasi-conclusion de l’affaire ; quasi parce que Roxana Saberi n’a pas encore fini de faire parler d’elle, sont incontestablement les États-Unis qui font plier la justice iranienne (même si ce n’est pas vrai), Reporters Sans Frontières qui pensent (à tort) avoir fait libéré une de leur consœur, mais aussi Bahman Ghobadi le réalisateur désormais connu qui gagnera peut-être la palme grâce à la plume de Roxana. Les perdants, outre l’Iran, sont collatéraux : tout d’abord, qui ne veut absolument pas de dialogue entre les USA et leur dernier démon. Les représentants du peuple « élu » auraient aimé bloqué le processus en stigmatisant un ennemis inflexible, ainsi le processus de paix ne dépendait plus d’eux. Ensuite, la Syrie qui devient à nouveau la tête de turc d’, et qui peut donc faire une croix sur le Golan puisque Obama se fiche de ce plateau aride (clef du conflit puisqu’il contient toutes les sources du Jourdain qui alimente en eau l’état hébreu).

Ainsi, l’affaire à rebondissement, partie de poker entre grands, ce termine avec des conséquences qui n’étaient pas prévues. Les acteurs actifs : l’Iran qui juge et Israël qui balance ont finalement perdus leur dame face à la défense, pour une fois subtile des États-Unis. Obama marque une nouvelle ère dans la stratégie américaine, un peu moins Rambo et un peu plus Bruce Willis (ils espèrent toujours faire « tout péter à la fin). Les subtilités orientales atteignent le nouveau président qui se montre à la hauteur. En sera t’il de même avec les négociations directes qui pointent leur nez ? L’autre grand test de la « diplomatie » orientale est sans conteste le problème Afghanistan-Pakistan où les USA ont depuis longtemps sous-estimé les tribus et leur culture millénaire de la négociation.

Pour ce qui est de Roxana Saberi, je lui souhaite beaucoup de succès avec son film (on a rarement vu une telle publicité), et je lui souhaite de ne pas trop suivre les conseils « avisés » de ses amis de l’ombre (qui ne sont pas nord-américains mais certainement perses). Elle n’a jamais été une espionne, tout au plus une informatrice (katsa). Dernière preuve de son implication, les documents en sa possession : des plans de l’attaque américaine sur l’Irak. Pourquoi l’Iran l’enfermerai pour des documents sur des évènements passés, et pourquoi la libèrerai t’ils si elle était vraiment coupable ? A moins que les documents ne soient pas ceux cités, et à moins que la prison ne soit pas la manière pour l’Iran d’introduire une Taupe dans l’opposition. Bien des questions restent sans réponses, et je ne manquerai pas de fournir d’autres éclaircissements

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5 commentaires
  1. La religion est ici le pire des maux de l’humanité, et on est au XXI siècle, quand est-ce qu’elle ouvrira les yeux ?

  2. vous pensez que c’est possible que Tehran a libere Saberi en savent que comme ca le image du monde de l’Iran est un peut ameliorer est plus de monde va voir le film que Saberi a co-ecrit est que est pas contre Iran est son system?

    • je pense effectivement que c’est ce que l’Iran voulait. La campagne anti Iran de la presse mondiale a quelques peu détruit leurs espoirs, mais nous verront qui a la palme. Si c’est son film, le pari est gagné, sinon le coté culturelle de l’Iran restera un doux rêve de ses dirigeants. C’est vrai que la tache est titanesque l’image qu’ils projettent au monde est très négative (je le rappelle aidé par les médias subjectifs)…

  3. L’affaire intervient alors que l’administration américaine a multiplié les gestes d’ouverture envers la République islamique, pour renouer un dialogue interrompu depuis presque trente ans, après la révolution de 1979.

    • il est important d’ajouter que ce dialogue avait été interrompu PAR les USA…

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