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Journal d'un expatrié au Cambodge, vues sur le village monde…

Transylvanie, territoire de légendes et sombres forets en pays Dace

Transylvanie ! Ce mot sonne à nos oreilles et aussitôt Dracula nous apparaît.

Derrière toute légende une part de vérité se cache. Qu’en est il pour la Transylvanie ? Dans ce pays caché au milieu de la Roumanie, encerclé par les non moins légendaires Carpates, les légendes semblent toujours vivre. La vallée de la Mures est encastrée au milieu de hautes collines sylvestres peuplées des derniers grands animaux sauvages d’Europe.

transylvanieMa première impression fut d’entrer dans un monde préservé, où les nombreux villages sont toujours vivants. Les enfants occupent les rues où passent les vaches, les canards, les charrettes attelées et quelques voitures, tout cela sous le regard des vieux assis à l’ombre. Ici les villages sont habités et actifs au milieu de leurs champs et prairies. La comparaison m’attriste, car nos villages à nous, autrefois fleuris sont aujourd’hui désertés. Seul quelques vieux et des anglais l’été…

vlad tepesAu royaume de Dracula, les forêts sont maitresses des lieux. Malgré les coupes illégales et les pressions humaines, vivent encore de nombreuses espèces animales sous de hautes et sombres frondaisons. Les collines et gorges bruissent des grognements des ours et des hurlements des loups.
Les traces du communisme sont encore bien visibles, aussi bien dans les mentalités que physiquement, chaque village possède sa ferme commune à l’abandon. L’influence turc n’est presque plus visible, il est vrai que le pays fut protégé par ses montagnes, mais aussi par sa réputation qui a suivit la vie de Dracula.

branEffectivement il a vraiment existé, Vlad Tepes est celui qui a inspiré l’auteur anglais Bram Stoker. Vlad III l’empaleur était connu pour sa violence sanguinaire, il n’a jamais vécu la nuit ni sucé le sang de ses victimes, mais il empalait ses ennemis, proches ou lointains. Sa réputation et son courage guerrier ont stoppé la horde ottomane au milieu du XVe siècle.

Précédemment les romains envahirent la Transylvanie après beaucoup de mal. Pendant longtemps le Danube a marqué la frontière de l’empire romain face aux mondes barbares. Les Thraces de la région : les Daces avaient fortifié les collines de Transylvanie et ils résistèrent longtemps et vaillamment face au rouleau compresseur romain, à la pointe de la technologie.

Les traces de cet époque sont nombreuses, presque chaque colline possède son fort en ruine. Le pays Dace regroupait presque toute la Transylvanie, leur capitale, reprise par les romains se trouve dans la vallée de Hateg, à Sarmizegetusa(1) (voir la carte).

« L’ancienne Sarmizegetusa(2), celle de Daces, était protégée par des forteresses construites sur des pitons rocheux. Une des ruines les mieux conservées se trouve à Costesti(3), les autres sont Blidaru(4), Piatra Roşie(5), Căpâlna(6) et Baniţa(7), ces châteaux forts furent les derniers bastions de résistance face aux romains. »

Ce peuple inconnu des européens de l’ouest à pourtant pendant plusieurs siècles, occupé la zone en élevant du bétail et commençant une agriculture balbutiante dans le reste du monde.

soldat daceTrès bons commerçants, vivant dans une région riche en or et en argent, les Daces ont développé une société élaborée ou les mathématiques et la philosophie avaient une part importante. Ainsi leur calendrier était un des plus précis de l’antiquité. Leur richesse en or et leurs connaissances importantes en médecine en font un peuple réputé et craint, pour leur courage et leur droiture. Seul l’unité leur a manqué pour demeurer une grande nation.

Habitant actuellement au cœur du pays Dace, j’ai eu la chance d’assister aux début d’une fouille archéologique. Elle se situe près de Ardeu(8), sur un piton rocheux. La fouille effectuée bénévolement par des étudiants en archéologie d’Hunedoara, met à jour une petite cité forteresse inconnue jusqu’alors. Les jeunes archéologues sont très excités par leurs fouilles, effectivement, cette région sauvage dans les collines est vierge, elle n’a jamais été fouillée et des découvertes sont attendues. L’histoire des Daces n’est pas très documentée et les Hongrois revendiquent l’antériorité de l’occupation de la Transylvanie. Ainsi les archéologues patriotiques sont heureux de faire de nouvelles preuves de l’occupation Dace et aimeraient expliquer d’avantage l’histoire de ce grand peuple.

fouilles transylvanieDonc, me voilà avec ma petite famille a regarder les fouilles en étages. Au sommet du piton où les recherches ont commencé, sous les fortifications romaines postérieures, apparaissent des bâtiments. Des manufactures de potiers, mais aussi les premiers fourneaux de l’histoire. Pour fondre l’argent des carrières avoisinantes, les Daces ont élaboré les premiers fourneaux dans des atteliers. Ainsi cette cahute adjacente à l’habitation de l’artisan. Des objets ont été retrouvés, des pièces de monnaie, une statue,… Mais le plus intéressant demeure les explications possible de la manière de vivre de ce peuple. En contrebas de la colline une zone mortuaire a été découverte. Une des principales découverte est la confirmation de la cohabitation pacifique entre les Daces et quelques colons romains venus, antérieurement à leurs armées, habiter cette région riche.

sarmizegetusaCe pays qu’est la Transylvanie possède aujourd’hui encore de formidables atouts que quelques décennies de communisme ont gardé cachés à l’occident. Le tourisme peut aujourd’hui exploser : Outre les nombreux châteaux médiévaux très bien conservés, la vie traditionnelle villageoise et les immenses forets offrent à la Transylvanie ce que le modernisme a détruit dans le reste de l’Europe. Des sites remarquables de l’histoire du pays témoignent de l’intérêt qu’a suscité la Transylvanie au cours des temps. Des ingénieux Daces jusqu’aux utilisateurs contemporain de brudinas écologiques, en passant par Vlad l’empaleur et et les conquérants de tout horizon, le peuple roumain possède autant d’attraits que leur pays.

source : LGV
livre à ce sujet :

7 commentaires
  1. Très bon article qui s’intéresse notamment à l’origine ethnique de la transylvanie, ce mystérieux peuple dace sur lequel on trouve de très intéressantes choses dans le livre de Mircea Eliade, « De Zalmoxis à Gengis Khan ».

    Pour ce qui est de la transylvanie, de ce que j’en avait vu par moi-même, j’ai eu comme vous cette impression d’une terre préservée, hors du temps : http://blog.vampirisme.com/vampire/?14-voyage-sur-les-terres-du-comte-01-09-2005-le-pays-des-citadelles-saxonnes

  2. Très intéressante ballade aux pays des légendes. J’espère que le tourisme ne vas pas détruire tout cela en construisant des édifices qui enlaidissent le paysages, tels les hôtels aux borde de mer dans de nombreux pays.
    Il est vrai que nous ne connaissons pas beaucoup l’histoire de cette région. Personnellement; mes connaissances à ce sujet se limites à ce que j’ai pu en lire avec l’histoire de Rome.
    Alors sachons « tourister » avec intelligence c’est à dire de ne pas exiger un confort comme on peut le trouver sur les sites très fréquentés.
    Il faut savoir découvrir un lieux en se fondant dans la vie telle qu’elle se déroule sans visiteurs. J’ai connu de telles conditions en visitant une région de l’anatolie centrale, aux temps ou le tourisme était un mot inconnu en Turquie.
    @+

    • « J’espère que le tourisme ne vas pas détruire tout cela en construisant des édifices qui enlaidissent le paysages, tels les hôtels aux borde de mer dans de nombreux pays. »

      bien sûr que si!
      il n’y a pas de tourisme intelligent. il y a bien sûr des individus qui savent se comporter intelligemment à l’étranger, mais la masse est sotte, quand bien même elle serait composée uniquement de gens intelligents.
      c’est la pression économique exercée par la masse additionnée d’une méconnaissance des us et coutumes locaux qui pourrit le paysage et provoque une folkolorisation des cultures locales (la roumanie en étant un parfait exemple).

      • Bonjour Raven,
        Effectivement, vous avez raison. La côte de la mer noire en Roumanie en est un parfait exemple. Personne n’a appris de la bétonnisation de la côte d’azur, ils ont fait pire. Le communisme a aidé : les roumains sont habitués au tourisme de masse. Cependant je trouve que votre commentaire est certes réaliste mais un peu pessimiste tout de même. Je pense que des touristes éclairés et des professionnels éthiques peuvent à eux seul influencer la masse en privilégiant un tourisme nature qui tente de préserver ce pour quoi les européens de l’ouest viennent en Roumanie. Je suis convaincu que quelques bonnes volontés peuvent venir à bout des masses sottes et des économistes voraces.
        En tout cas, merci pour ce commentaire.

  3. Cedric,
    ton article m’a beaucoup plu. Surtout car il exprime le point de vue d’un etranger mais tu as tres bien marque l’essentiel
    bravo!

  4. je vais revenir sur ton blog où tu nous proposes des sujets bien intéressants !!!
    et… merci pour tes coms !! à+

  5. the beautiful picture of Bran castle caught my eye!! great article!

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