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Journal d'un expatrié au Cambodge, vues sur le village monde…

Copenhague nous aura au moins permis d’exacerber l’incompatibilité entre les désirs du peuple citoyen et ceux des lobbies libéraux.

Effectivement, comme beaucoup l’avaient prédit, est un échec pour la planète. Incontestable, malgré ce que peut dire le secrétaire général de l’ Ban Ki-Moon qui aujourd’hui tentait de minimiser l’impact de cette « réunion » ratée. Les réalistes et les fatalistes avaient donc raison, on ne peut pas arriver à un accord commun pour sauver la planète tant que les intérêts des entreprises transnationales sont plus importants que ceux du peuple. Mais comme toujours, on peut dégager des choses positives de tout échec. La prise de conscience des électeurs du monde que leurs intérêts ne sont pas pris en compte par nos politiques, au profit de ceux des grandes entreprises qui tiennent le marché capitaliste entre leurs serres.

copenhaguePour ceux qui ne le savait pas encore, le doute n’est désormais plus possible. Nous ne sommes considérés que comme les moutons qui permettent l’accès au pouvoir. Il nous suffit d’un peu de poudre aux yeux pour élire n’importe qui. Cette vérité semble universelle pour nos hommes et femmes politiques. Pourtant les messages envoyés par le monde à nos dirigeants étaient limpides : Les manifestations en faveur de la planète partout dans le monde, la solidarité des peuples pour formuler les même désirs (ce que sont incapables de faire nos dirigeants). En France le vote massif pour Europe Écologie aurait du faire réagir notre équipe dirigeante. Quand on sait qu’une voix exprimée regroupe dix mille pensées silencieuses, on peut donc dire que l’humanité avait trouvé le consensus, l’humanité veut sauver la planète. Le message était clair.

copenhagueAlors nos politiques sont ils incompétents (comme les patrons d’EADS), ou est-ce qu’ils se fichent de ce que veut le peuple électeur ? Ont ils eu vraiment le choix ou manquent ils de courage ? Il est vrai que les grandes entreprises sont passées maitresses dans l’art de la manipulation, elles ont formé des lobbies puissants. Leur pouvoir de corruption permet de faire voter des lois favorisants ces entreprises et de faire échouer des tentatives pour réguler le système. Le ultra libéral d’aujourd’hui est arrivé à son paroxysme qui précède peut être sa chute. Le patron d’Avaaz déclare qu’il y a toujours une part d’ombre à l’aube comme au crépuscule. Cette tâche sombre pour notre survie qu’est l’échec de Copenhague indique certainement une nouvelle ère dans l’obstination des décideurs de la planète à ignorer les volontés de leurs peuples.

copenhagueCopenhague est un échec, pire qu’un Kyoto 2 parce qu’aucun consensus n’a été obtenu pour réguler nos émissions de gaz à effet de serre et qu’aucune vision commune pour sauver la planète n’a été définie. Mais Copenhague a été utile pour faire massivement comprendre aux humains de la planète qu’ils ne sont pas écoutés. Que les hommes politiques en place s’accroche au système actuelle. Que la volonté de l’occident d’exploiter les pays du sud est prioritaire sur tout autre point de vue. Parce que les pays riches continuent de trouver leur intérêt à entretenir des populations pauvres donc corvéables, afin de faire le plus de bénéfices possibles. Mais le sud se rebelle avant de se révolter ; certains pays ne veulent plus de cet asservissement. Copenhague est la conséquence du refus des pays riches à lâcher la bride de leurs bêtes de somme. Cela dans l’intérêt de qui ? Est-ce pour nous permettre de payer moins cher et de profiter de cette pauvreté du sud ? Même si cela n’était pas choquant, ce n’est pas le cas. Les favorisés de cet état de fait ne sont pas les citoyens occidentaux qui perdent leurs emplois par cause de délocalisation. Ni même les états dans leur globalité, confrontés aux réfugiés (de la faim, de la guerre ou du climat, tout cela par la cause des pays riches cela va sans dire) et au terrorisme, les pays riches souffrent aussi d’avantage qu’ils n’en tirent parti. Les seuls bénéficiaires de cette pauvreté provoquée sont les entreprises transnationales. Hors de contrôles puisque hors de limites géographiques, ces entreprises et leurs actionnaires sont les seules à profiter de ce système. Et dans leur soifs de bénéfices elles nous entrainent vers les catastrophes prévues.

350.orgAinsi le peuple, les citoyens, les humains de cette planète ne sont pas écoutés par leurs dirigeants. A qui ils ont pourtant donné le pouvoir de les représenter par leurs votes. La seule différence que nos sociétés démocratiques ont avec les états totalitaires est que nous avons l’illusion de décider. Mais ce voile est tombé à Copenhague. Les plus « moutons » du troupeau ne peuvent désormais plus ignorer que nos représentants ne tiennent aucun compte de nos volontés, qu’ils n’agissent qu’en faveur du système libéral des grandes entreprises (qui les remercient abondamment). Grâce à Copenhague le jour est complètement fait sur le grand mensonge de notre système que l’on veut pourtant forcer à adopter par tout les autres pays.

copenhagueDonc Copenhague n’est pas complètement un échec. C’est un échec, cuisant, pour l’avenir de notre planète tel que nous la connaissons, avec sa diversité biologique et sa vie agréable. C’est un énorme échec pour la maturité de notre civilisation. Nous ne sommes peut-être pas capables de nous sauver de nous même. Mais Copenhague a été une grande réussite pour montrer au peuple le vrai visage de notre système planétaire et de ces représentants…

source : LGV

6 commentaires
  1. Salut Cédric
    C’est « marrant » ça, on a l’impression que la jeune génération découvre les méfaits du système en place.
    Au début le système soviétique était bien pratique on mettait tout sur son dos. Maintenant qu’il est mort (?) ce sont les capitalistes qui sont la cible.
    En fait, le grand danger, hormis la pollution elle-même, c’est, d’une part, que les peuples n’ont pas vraiment accès à la démocratie telle que nous la concevons, et, d’autre part, quand celle-ci est en place on se rend compte de l’abstention CONSIDÉRABLE qui en résulte.
    Nos « dirigeants » ne sont pas fous, ils savent bien l’exacte proportion de personnes s’étant exprimées dans les urnes. C’est là dessus que le système capitaliste prend appui, sinon, avec un nombre de votant plus grand et en faveur des changements comportementaux, ils ne seraient pas aussi arrogants.
    En plus de ça, tout est fait pour que nous vivions à crédit. Allez demander à un ouvrier de faire une grève d’une semaine pour obtenir satisfaction ? Non seulement il ne pourra pas faire face au simple fait qu’il faut manger tous les jours, mais, en plus, ses traites et crédits courent toujours pendant ce temps là !
    En fait nous sommes pieds et poings liés (volontairement ou non) par ce système.
    Allez, après ça, demander aux gens « ordinaires » de faire des efforts de non-pollution ?
    Comme tout le monde je vois ce qui se passe aussi bien dans les « hautes sphères » que dans la rue. Je vois ces « nouveaux riches » qui roulent en 4X4 sans se préoccuper de la pollution. Je vois ces boutiques de l’inutile qui font florès.
    Alors changer d’accord, mais changer QUOI et SURTOUT QUI ! ! ! !

    • Merci Dan pour ce commentaire complet ! Effectivement, nous sommes pieds et poings liés (je dirai volontairement) par le système. Et bien sûr ce n’est pas nouveau : la lutte syndicale française depuis Germinal à 36 a toujours été l’opposition du peuple à se faire exploiter par les groupes industriels. C’est vrai, rien de nouveau sous le soleil…
      Sauf qu’aujourd’hui ces industriels ont fait en sorte (à coup d’études et de spécialistes payés grassement) de ne plus dépendre des états, donc des électeurs. Leur coté transnationale leur permet d’être “hors la loi”. Ces groupes ont aussi activement réfléchis à la manière de nous empêcher de résister et faire valoir nos droits et nos volontés. Grace, entre autre, comme tu le dis, de l’arnaque du crédit. Le crédit est un instrument du libéralisme pour nous enchainé d’avantage. Et cela fonctionne : au USA le crédit est proche de la crise, mais les américains continuent pourtant à utiliser ces cartes…
      Je ne renie pas les grandes avancées que nous avons fait, nous société d’exploités, face au grand patronat qui ne pense qu’aux dividendes, au contraire, sans ces avancées, nous serions encore sans vacances à travailler 42 heures par semaine. Par contre en même temps que nous tentions d’avancer, les entreprises transnationales ont fait de même, aujourd’hui seule l’action compte, même si celle-ci peut faire couler une entreprise et mettre ses travailleurs au chomage, tant pis, tant que l’action grimpe.
      Enfin, il est vrai que nous sommes pieds et poings liés. Mais il n’y aura pas de chevalier blanc pour venir nous aider. Nous devons malgré tout ne compter que sur nous même. Il en est de même pour la pollution : ce ne sont pas les entreprises ou nos dirigeants qui sauveront la planète (la preuve à Copenhague), cela ne peut venir que de nous. Même si nos épaules sont frêles et fragilisés par l’exploitation organisé, nous sommes les seuls à pouvoir changer quelques chose…

  2. Le miracle n’a pas eu lieu … bien entendu ! Soyons réalistes, mettre d’accord le monde entier sur n’importe quel sujet qui va du futile au fondamental est plus qu’improbable.

    Le coté positif de ce fiasco reste la formidable communication mondiale autour du sujet et même si les états ne se sont pas entendu, personne au monde ne peut prétendre ignorer l’urgence de la situation.

    A suivre donc … pas à pas.

  3. Chaque geste entraîne après soi une responsabilité éternelle. Il y a des gestes omis qui condamneront.

    excellent article!

  4. Est-ce qu’il n’existe pas aussi d’autres lobbys (état) qui ont contribué à cet échec.
    Certains pays comme l’Arabie Saoudite n’ont-ils pas intérêt à faire en sorte que les choses ne progressent pas notamment pour défendre leurs propres intérêts (favoriser les ventes de pétroles….).

  5. Oui, une (double…) prise de conscience, mais, vite, DES ACTES !!
    Aux urnes citoyens !
    Lire aussi http://www.saintpierre-express.fr/sommet-de-copenhague-une-double-prise-de-conscience/

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