Népal politique

Le Népal toujours en crise : à la recherche d’un premier ministre.

by LGV on 21/07/2010

Le Premier ministre népalais Madhav Kumar a annoncé mercredi sa démission, cédant à la pression de l’opposition maoïste, qui réclamait son départ au parlement et dans la rue. Depuis la destitution du roi et la “fin de la guerre” avec les maoïstes, le Népal n’arrive pas à trouver la stabilité. L’élection d’un nouveau premier ministre peut permettre au pays de trouver la paix ou au contraire le plonger encore d’avantage dans la crise.

La troisième élection de premier ministre en deux ans !

Madhav Kumar

Madhav Kumar

Jhala Nath Khanal

Jhala Nath Khanal

Depuis la démission de Madhav Kumar (PCN-MLU) la semaine dernière, les négociations vont bon train. Les maoïstes viennent d’annoncer leur soutien à Jhala Nath Khanal (PCN-MLU) s’il réussit à regrouper 2/3 des voix. Si le représentant du parti communiste n’arrive pas à créer la majorité, le parti maoïste votera pour son propre candidat. Pour les novices comme pour les spécialistes, la situation n’est pas évidente, si je suis parfois simpliste je vous invite à lire mes autres articles ou ceux de wikipedia.

Le parti historique du congrès a perdu sa suprématie depuis la déchéance du roi, le parti communiste a retrouvé sa vigueur avec les électeurs déçus du congrès et ceux refusant la violence des maoïstes. Enfin, depuis l’arrêt des hostilités il y a 3 ans, les maoïstes sont entrés au gouvernement (avec 400 députés).
Népal politiqueDepuis la fin de la guerre, le est secoué d’escarmouches, de grèves prolongées et violentes et de conspirations politiques. En mai dernier le avait été immobilisé pendant plusieurs semaines par une grève générale semée de troubles. Lorsque je parle de grève générale, il s’agit d’une obligation de fermer boutique sous peine de représailles maoïstes, ainsi la dernière fois que j’étais à Katmandu, les stores étaient tous fermés et les népalais non-accompagnés d’un touriste étaient sans cesse contrôlés et exhortés de rentrer chez eux. La semaine dernière le premier ministre née d’une coalition entre les communistes et les maoïstes a démissionné suite aux nombreuses pressions, et le pays plonge à nouveau dans l’obscurantisme politique.
Népal politiqueAujourd’hui les négociations sont serrées pour permettre à nouveau à la coalition communiste-maoïste de reprendre le pouvoir. Le bloc du Teraï (indépendant) pourrait faire pencher la balance d’un coté ou de l’autre. Si la coalition communiste, marxiste, leniniste et maoïste (tout un programme) prend les rennes du gouvernement, les choses peuvent avancer vers une période plus stable sans pour autant sortir le pays de la crise. Mais si la coalition ne se fait pas, il n’y aura pas de premier ministre et l’on retrouvera face à face le congrès, les communistes et les maoïstes qui se déchireront à nouveau pour obtenir le pouvoir, et le peuple sera encore et toujours la victime de cette guerre d’ego et d’argent.
Afin de réussir enfin à rédiger sa constitution et à prendre la route d’une paix durable et bénéfique, il est aujourd’hui nécessaire (mais difficile) d’oublier les rancoeurs communes et de laisser la place légitime (puisque gagnée) aux maoïstes. Bien sûr ce régime ne peut être que transitoire et pour le Népal et ses habitants il est urgent de renoncer aux violences et de retrouver la paix.
Mais les intérêts géopolitiques et financiers des grandes puissances voisines n’aident pas à la réalisation d’un pays démocratique et autonome. Tant que l’instabilité et la pauvreté fait le jeu de la Chine et de l’Inde, le Népal ne pourra se sortir d’une crise déjà difficile pour les épaules de cette très jeune démocratie.
Il ne faut cependant pas avoir peur de rendre visite à ce peuple généreux et gentil. Le Népal reste un joyau et le touriste y est toujours en sécurité, alors à bientôt sur les pentes du toit du monde.
source : LGV

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